Au coeur du bocage de la Combraille, entre Auvergne et Limousin

C’est un pays vert que découvre le touriste venant en séjour au pays de Giat. Loin de la ville, en pleine nature, il trouvera une campagne accueillante par ses paysages au relief plutôt apaisé, partagé entre les près, les bois, les étangs et les hameaux.

Depuis toujours, cette région a été un pays frontalier : au temps des gaulois, entre les peuples arvernes et lemovices, au temps des romains quand il y avait une ville-frontière entre Giat et Voingt, sous l’ancien régime, entre l’Auvergne et la Marche, après la révolution entre le Puy-de-Dôme et la Creuse, avec la régionalisation entre Auvergne et Limousin. C’est donc baignés de cultures régiobales proches mais différentes que les caractères giatois se sont affirmés au cours de l’histoire, en faisant peut-être de ce coin un lieu ouvert aux autres, ce qui a développé le commerce et les foires.

Le calme est une propriété majeure de cette partie excentrée de l’Auvergne, à la frontière du Limousin. Regardant vers l’est les chaînes volcaniques des Dômes et des Dores et tourné à l’Ouest vers le plateau de Millevaches, Giat

un patrimoine entre Histoire et vie rurale

1.000 ans d’Histoire et un peu plus

La naissance de Giat en tant que lieu reconnu officiellement remonte au début du Moyen-âge, vers l’an mil. A cette époque, le seigneur local fait érigé une motte castrale, avec un château en bois : ce sont les premièrs fortifications féodales auxquelles succèderont les châteaux forts en pierre dont on retrouve de nombreux vestiges partout dans la région, et plus près de nous, les tours de Crocq ou la tour de Sermur en Creuse témoignent de cette évolution.

 Avec cette motte, l’autorité s’impose aux populations : c’est la reconnaissance officielle d’un lieu qui s’affirmera au cours du temps et traversera les siècles.

On peut encore voir cette construction de terre et de pierre, la plus grande motte féodale d’Auvergne haute de plus de 10 mètres.

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Ce monument historique est l’emblème physique de la commune, et le nom de Giat a été porté aux plus hauts sommets de l’état par un des seigneurs de Giac, intendant auprès du roi. Mais le territoire communal a été aussi le lieu d’implantation de petites seigneureries : Noizat, Feydet, Ligny, le Ronzet. La famille de la Roche du Ronzet, dont le manoir existe encore, sera celle qui aura fait parlé le plus dans l’histoire contemporaine. Le marquis de la Roche du Ronzet a participé aux côtés de La Fayette a la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique et la famille s’exilera à la révolution, abandonnant sa terre giatoise. On retrouve le nom de famille en Europe, aux Amériques, à l’île Maurice. L’ambassadeur du Guatemala aux Etats-Unis il y a encore quelques mois était un descendant de cette famille, avec ce nom très français de la Roche du Ronzet. La porte d’entrée du cimetière est celle de l’ancienne chapelle du domaine du Ronzet.

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Bien avant le Moyen-âge, l’Histoire a laissé des traces sur la commune : des ustensiles préhistoriques ont été découverts dans des terres, mais les plus impressionnants des vestiges se trouvent en direction de Voingt, la route actuelle suit à peu près le tracé de la voie romaine d’Agrippa qui reliait Lyon à Saintes, donc Clermont à Limoges, et passait par Voingt. La présence d’une cité gallo-romaine à la frontière des Arvernes et des Lemovices a été mise en évidence. Les recherches et les fouilles effectuées depuis le XIXème siècle ont permis de comprendre l’importance du lieu. Depuis 2009, la Maison Archéologique des Combrailles à Voingt permet au visiteur de remonter l’Histoire du pays depuis la Préhistoire avec une exposition remarquable sur le thème « des voies et des hommes » qui retrace l’évolution du pays sur 5.000 ans.

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En parcourant les chemins de la commune, en traversant les hameaux, en voyageant dans le bourg, les bâtiments, les fontaines, les puits, les murs et tout un patrimoine bâti se dévoile avec sa richesse minérale, signe du travail des hommes sur plusieurs générations.

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Les ponts du chemin de fer sur la commune

La voie qui reliait Montluçon à Ussel sur la ligne Paris-Aurillac date de 1885 – le dernier train est passé en 2008 – Elle devrait être entièrement désaffectée en 2018.

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L’eau, la pierre, et la verdure


Rien que la nature et le travail de l’homme

La campagne giatoise s’assoie sur trois piliers : la verdure des champs et des bois, le granit des constructions et des murs, l’eau des étangs.

Monde rural par excellence, l’activité agricole a façonné le paysage et l’évolution de celle-ci le transforme encore avec la disparition de haies liées à l’agrandissement des parcelles, avec l’augmentation de la surface boisée, signe de la diminution du nombre des exploitations, avec l’apparition de grands bâtiments bardés de tôles ou de bois, fonctionnels pour des élevages plus grands et des matériels plus imposants.

La pierre reste cependant bien présente dans l’architecture des maisons, tant dans le bourg que dans les villages. Si les murets de cailloux au bord des chemins ont disparus sous les coups de pelleteuses pour mettre au gabarit des engins les voies de circulation, il reste encore de beaux ouvrages dont les ponts de la ligne de chemin de fer désaffectée, mais aussi d’autres bâtiments de caractère.

les étangs font partie du paysage giatois, ils sont nombreux mais le plus remarquable reste celui de la Ramade avec ses 80 hectares d’eau, sa chaussée construite il y a près de cinq cents ans, sa faune riche en carnassiers et en carpes. Quelques ruisseaux et bouts de rivières arrosent les fonds, écrivent aussi le paysage des près et des vallées, et nécessitent parfois un petit pont pour les franchir. Toujours l’alliance de l’eau, la pierre et la terre.